Qu’est-ce que l’investissement à impact ?

L’investissement à impact ou « impact investing » a été défini pour la première fois lors du Global Impact Investing Network (GIIN) aux États-Unis en 2007. Il s’agit d’une stratégie d’investissement visant à générer à la fois un impact social ou environnemental positif mesurable, en plus d’une recherche de rendement financier. L’investissement à impact remet donc en question la croyance selon laquelle les questions sociales et environnementales ne peuvent être résolues que par le biais de dons ou actions philanthropiques. Mais également celle selon laquelle les investissements financiers doivent se focaliser uniquement sur le rendement financier.

Sommaire

  1. Définition : qu’est-ce que l’investissement à impact ?
  2. Les principales approches ISR/ESG (exclusion, best-in-class, thématique, intégration ESG, engagement actionnarial)
  3. Impact vs ISR/ESG : ce qui différencie vraiment l’investissement à impact
  4. Les 3 piliers de l’investissement à impact (intentionnalité, additionnalité, mesure)
  5. Critères et grilles d’analyse : ODD & critères ESG (E/S/G)
  6. Pourquoi les fonds utilisent l’ESG ? (attentes des investisseurs, exigences institutionnelles)
  7. Comment reconnaître un fonds à impact ? (checklist)
  8. Exemples d’acteurs à impact (PE/VC/infra – fiches synthétiques)
  9. Conclusion
  10. FAQ – Investissement à impact (questions clés + avancées 2024–2026)

Investissement à impact - critères ESG et ISR
 

Les principales approches ISR/ESG

Sous l’étiquette “ISR” (investissement socialement responsable) ou “investissement responsable”, on trouve plusieurs approches qui répondent à des logiques différentes. Elles peuvent se combiner dans un même fonds, mais elles ne relèvent pas toutes de l’investissement à impact.

L’approche par exclusion sectorielle

On écarte certains secteurs, activités ou pratiques jugés incompatibles avec une politique éthique ou ESG.
Exemples fréquents : tabac, armement controversé, charbon thermique, jeux d’argent, ou exclusions basées sur des normes internationales (droits humains, travail des enfants, corruption).
Objectif typique : aligner le portefeuille avec des valeurs, réduire certains risques réputationnels ou réglementaires, et éviter des activités considérées comme “non durables”.

L’approche Best-in-class / sélection positive

Au lieu d’exclure tout un secteur, on privilégie les entreprises les mieux notées sur l’ESG au sein de leur industrie.
Par exemple, dans l’automobile ou la chimie, on investira plutôt dans les acteurs les plus avancés sur la trajectoire climat, la sécurité, la gouvernance ou la gestion des risques fournisseurs.
Objectif typique : améliorer le profil ESG du portefeuille sans forcément sortir d’un secteur entier, tout en cherchant des entreprises plus résilientes.

L’approche thématique

On investit dans des entreprises dont l’activité est directement liée à une thématique de transition.
Exemples : énergies renouvelables, efficacité énergétique, rénovation/isolation thermique, économie circulaire, traitement de l’eau, santé, éducation, mobilité bas-carbone.
Objectif typique : exposer le portefeuille à des tendances structurelles (transition énergétique, vieillissement, digitalisation des services essentiels) — avec une lecture “solutions”.

Intégration ESG (dans l’analyse et la décision d’investissement)

l’ESG est intégré comme un prisme d’analyse au même titre que le marché, la concurrence, la qualité du management ou les risques opérationnels.
Concrètement, cela peut influencer la valorisation, la structure de l’opération, les covenants, ou le plan de création de valeur (ex. réduire l’intensité énergétique, sécuriser la chaîne d’approvisionnement, renforcer la gouvernance).
Objectif typique : mieux gérer les risques et opportunités “extra-financiers” qui peuvent devenir très financiers (coûts énergie, pénalités, réputation, accès au capital).

Engagement actionnarial (active ownership)

L’investisseur détient la participation et agit pour faire évoluer l’entreprise.
Exemples : dialogue avec le management, exigences sur la gouvernance, votes en assemblée, objectifs de trajectoire climat, politiques RH, droits humains dans la supply chain.
Objectif typique : obtenir des améliorations mesurables dans le temps — même si l’investissement initial n’était pas “thématique” ou “impact” au sens strict.

Ce qui différencie l’investissement à impact des autres formes d’ISR

L’investissement à impact, lui, va plus loin : il vise explicitement un impact social et/ou environnemental positif et mesurable, en plus d’un rendement financier, et s’appuie sur une démarche structurée. Autrement dit, on ne se contente pas d’“investir en faisant attention” : on investit avec une intention d’impact, une contribution démontrable (additionnalité) et un pilotage par la mesure.

Ce que l’impact investing n’est pas :

  • Ce n’est pas seulement “prendre en compte l’ESG”. Lintégration ESG améliore la qualité de décision, mais ne prouve pas une intention ni une contribution d’impact.
  • Ce n’est pas uniquement exclure des secteurs ou sélectionner les meilleurs élèves : ces approches réduisent des risques ou alignent des valeurs, sans garantir un impact additionnel.
  • Ce n’est pas de la philanthropie : on vise aussi un retour financier, avec un couple rendement/risque qui dépend de la stratégie (VC, PE, infra, dette…).

 

Les piliers de l’investissement à impact

L’initiative de place sur la finance à impact lancée en 2021 à l’initiative du ministère de l’économie et des finances ainsi que de Finance for tomorrow complète cette définition :

L’objectif de l’investissement à impact est de contribuer à une transformation durable et équitable de l’économie en fournissant une preuve concrète de ses impacts positifs. La finance et en particulier l’investissement peut alors jouer un rôle clé dans cette transition en contribuant à réorienter les flux de capitaux vers des projets qui ont un impact social et environnemental positif.

L’investissement à impact repose sur 3 grands piliers :

L’intentionnalité

Elle se caractérise par l’adoption d’une thèse d’investissement à impact clairement définie et qui guide la politique d’investissement afin de combiner la recherche de performance financière et la performance ESG.

L’additionnalité

Elle renvoie à la contribution spécifique et directe des fonds d’investissement pour améliorer l’impact positif sur les critères ESG. Autrement dit, on vient s’assurer ici que l’investisseur apporte sa pierre à l’édifice en participant activement à améliorer les performances ESG de l’entreprise accompagnée (par les fonds apportés, par le suivi et les conseils prodigués).

La mesure de l’impact

Il s’agit du troisième et dernier pilier. La mesure de l’impact de l’investissement désigne l’évaluation régulière des progressions ESG. Les fonds à impact sont tenus d’avoir une grille d’évaluation claire sur les critères ESG dits « extra-financiers » afin de mesurer la progression et pouvoir comparer la situation de la société accompagnée avec celles d’autres acteurs du marché. Ces évaluations et notations d’impact doivent également être communiquées et utilisés par l’investisseur dans ses processus de décision.

 

Les critères souvent considérés par les fonds d’investissement à impact

L’investissement à impact est en ligne avec le Programme Universel de développement durable établi par les Nations Unies. Ce programme met notamment en avant 17 priorités environnementales, sociales et économiques, appelées les Objectifs de Développement Durable (ODD), qui doivent être atteints à l’horizon 2030.

Les investisseurs à impact se concentrent notamment sur 8 ODD clés, qui sont :

  • Assurer un travail décent dans un contexte de croissance
  • Eliminer la pauvreté sous toutes ses formes
  • Améliorer la santé et le bien-être des populations
  • Réduire les inégalités
  • Accroître l’accès à une énergie propre et abordable
  • Favoriser l’égalité entre les sexes
  • Promouvoir des villes et des communautés durables et sûres
  • Lutter contre les changements climatiques

Les critères ESG les plus suivis

Dans le cadre de leurs politiques d’investissement à impact les fonds de Private Equity / Venture Capital concernés mettent en place des grilles de notation ESG qui servent aussi bien d’aide à la décision d’investissement, que d’outil de suivi pour mesurer la progression des entreprises accompagnées.

Parmi les critères étudiés, on retrouve notamment les suivants :

Environnement (E)

  • Émissions de GES : scopes pertinents, intensité carbone, trajectoire de réduction
  • Énergie : consommation, mix, efficacité, plan d’investissement (capex) aligné transition
  • Eau & ressources : prélèvements, stress hydrique, efficacité matière, recours au recyclé
  • Déchets & circularité : prévention, tri, valorisation, substances sensibles
  • Biodiversité : empreinte, dépendances, plan d’action (sites, supply chain)

Social (S)

  • Santé & sécurité : prévention, culture sécurité
  • Conditions de travail & RH : turnover, absentéisme, formation, attractivité, dialogue social
  • Diversité & égalité : mixité, égalité salariale, accès aux responsabilités
  • Chaîne de valeur : pratiques fournisseurs, audits, risques droits humains, dépendances critiques
  • Produits & clients : qualité/sécurité, accessibilité, protection des publics vulnérables (selon activité)

Gouvernance (G)

  • Éthique & conformité : anti-corruption, alertes internes, contrôles, sanctions
  • Gouvernance : équilibre des pouvoirs, indépendance, compétences, diversité au board
  • Pilotage ESG/impact : qui en a la responsabilité, quels comités, quelle fréquence de revue
  • Incitations : part de la rémunération variable liée à des objectifs ESG/impact (quand pertinent)
  • Données & cybersécurité (si matériel) : protection, incidents, continuité d’activité

Retrouvez plus de critères dans le guide des indicateurs extra-financiers partagé par l’Association française de la gestion financière.

En complément d’une grille ESG figée pour l’ensemble des entreprises, des critères spécifiques peuvent également être considérés en fonction du secteur étudié. Par exemple :

  • Financement responsable et conditions d’accès aux services (secteur bancaire)
  • Impact environnemental des véhicules et niveau de sécurité associé au moyen de transport (secteur de la mobilité)

 

Pourquoi les fonds s’intéressent-ils aux critères ESG ?

Les fonds d’investissement restent avant tout des intermédiaires financiers. Ainsi, outre les convictions éthiques et personnelles qui animent les dirigeants de fonds à impact, les stratégies d’investissements adoptées par ces fonds répondent souvent à une attente voire une exigence des souscripteurs (les personnes physiques ou morales qui confient leur argent aux fonds pour qu’il soit investi).

  • L’investisseur privé est de plus en plus sensible à la finalité de ses investissements. Une part croissante des investisseurs privés se tourne ainsi vers des investissements responsables dans le but de combiner une recherche de performance financière et un impact positif.
  • Les investisseurs institutionnels ont eu un rôle moteur dans l’adoption des critères ESG par les fonds d’investissement. Beaucoup d’entre eux et notamment les investisseurs publics peuvent considérer l’absence de ces critères par les sociétés de gestion comme un facteur disqualifiant pour certains appels d’offres.
Formation Private Equity

 

Comment reconnaître un fonds à impact ?

Pour éviter les confusions entre “fonds ESG” et “fonds à impact”, voici une checklist simple à appliquer.

  1. Quelle est la thèse d’impact ? (problème → solution → comment on mesure)
  2. Où l’intentionnalité est-elle écrite ? (politique d’investissement, documentation, charte)
  3. Quelle est l’additionnalité ? Le fonds apporte-t-il plus que du capital (expertise, réseau, gouvernance, accompagnement, capital patient) ?
  4. Quels KPI et quelle méthode ? baseline, cibles, fréquence, définitions, comparabilité
  5. Quels impacts négatifs sont suivis ? et quels plans de mitigation existent ?
  6. Quel niveau de transparence ? reporting régulier, cas concrets, explication des hypothèses
  7. Existe-t-il une vérification externe ou un cadre reconnu ? (standards, audits, revues)
  8. Que se passe-t-il à la sortie (exit) ? l’impact est-il protégé (gouvernance, mission, clauses, continuité de la stratégie) ?

En France, des référentiels de place (ex. Finance for Tomorrow) insistent justement sur ces points : intention, contribution, mesure, et transparence, au-delà des seuls scores ESG.

 

Exemples de fonds d’investissement à impact :

Les acteurs ci-dessous illustrent la diversité de l’investissement à impact en Private Equity / Venture Capital / infrastructure : certains sont très sociaux, d’autres très orientés climat, et beaucoup combinent les deux. À garder en tête : une même société de gestion peut piloter plusieurs fonds avec des thèses et des zones géographiques différentes. D’où l’intérêt de regarder la stratégie “fonds par fonds”.

Alter Equity

  • Stratégie : private equity à impact (prise de participation minoritaire/majoritaire selon opérations) avec accompagnement extra-financier structuré.
  • Thèmes : entreprises “solutions” à enjeux sociaux et/ou environnementaux (selon fonds).
  • Géographie : France (principalement).
  • Type d’impact : accélération d’entreprises dont l’activité apporte un bénéfice mesurable (social/environnemental), et amélioration des pratiques ESG via un plan de progrès.

Bpifrance

  • Stratégie : investisseur public majeur (direct + fonds), avec des véhicules explicitement orientés transition énergétique et environnementale (capital-développement/capital-transmission selon fonds).
  • Thèmes : énergies renouvelables, efficacité énergétique, électrification, économie circulaire, eau/biodiversité (selon véhicules).
  • Géographie :
  • Type d’impact : accélération d’entreprises structurantes de la transition écologique (atténuation et adaptation), via des tickets significatifs et un accompagnement “scale”.
  • Retrouvez la fiche Bpifrance complète pour mieux connaître cet acteur et préparer vos entretiens chez BPI.

Citizen Capital

  • Stratégie : société de gestion à impact (multi-véhicules), du venture au growth selon les fonds, avec accompagnement des participations.
  • Thèmes : solutions à enjeux sociaux et environnementaux (accès, inclusion, transformation durable).
  • Géographie : France (principalement).
  • Type d’impact : soutien à des entreprises “solutions” et structuration du pilotage de l’impact (objectifs, indicateurs, gouvernance).

Demeter

  • Stratégie : plateforme d’investissement dédiée à la transition écologique (du VC à des stratégies plus matures selon les véhicules).
  • Thèmes : cleantech, énergie, industrie/tech de transition.
  • Géographie : principalement Europe/France.
  • Type d’impact : décarbonation et déploiement de solutions de transition écologique (énergie, efficacité, infrastructures de transition…).

FAMAE Impact

  • Stratégie : fonds orienté impact environnemental, souvent positionné sur des sociétés “pure players” de solutions (stades variables selon opportunités).
  • Thèmes : environnement/climat (ex. circularité, eau, pollution, efficacité ressources… selon thèse).
  • Géographie :
  • Type d’impact : financement et accélération de solutions à bénéfice environnemental direct, avec une logique de mesure et de progression.

Gaia Impact

  • Stratégie : venture capital à impact, avec une logique d’equity “catalytique” pour accélérer des modèles déployables.
  • Thèmes : accès à l’énergie, renouvelables décentralisées, services/solutions associés (selon véhicules).
  • Géographie : focus historique Afrique subsaharienne (selon fonds).
  • Type d’impact : accès à une énergie propre, fiable et abordable ; émissions évitées et impacts socio-économiques liés à l’électrification.

IMPACT Partners

  • Stratégie : private equity à impact (capital-développement / accompagnement).
  • Thèmes : social, inclusion, climat/transition juste.
  • Géographie : plateforme européenne (fort ancrage France).
  • Type d’impact : réduction des inégalités, inclusion, transition juste et climat.

INCO Ventures

  • Stratégie : investissement à impact (fonds propres/quasi-fonds propres selon véhicules) avec suivi extra-financier structuré.
  • Thèmes : économie inclusive et écologique (social + environnement), thèses variables selon fonds.
  • Géographie : France/Europe (selon fonds), avec une logique écosystèmes/terrain.
  • Type d’impact : financement et changement d’échelle d’entreprises à impact (accès à des services essentiels, inclusion, transition), via capital et accompagnement.

NovESS – Le Fonds ESS

  • Stratégie : fonds à impact social orienté haut de bilan (fonds propres/quasi-fonds propres), dédié aux acteurs de l’ESS.
  • Thèmes : économie sociale et solidaire, innovation sociale, utilité sociale territoriale.
  • Géographie :
  • Type d’impact : renforcement financier et accélération du changement d’échelle d’acteurs ESS pour amplifier l’impact social “terrain”.

RGREEN INVEST

  • Stratégie : gestion d’actifs spécialisée transition énergétique et climat (approches infrastructure/financement de projets selon véhicules).
  • Thèmes : transition énergétique, mitigation et adaptation climat (selon fonds).
  • Géographie : Europe principalement (selon stratégies).
  • Type d’impact : financement d’infrastructures et projets contribuant directement à la décarbonation et/ou à la résilience climatique.

Shift4Good

  • Stratégie : venture capital spécialisé mobilité durable / transport, avec ambition de passage à l’échelle.
  • Thèmes : décarbonation du transport, mobilité durable, logistique et solutions industrielles associées.
  • Géographie : international (acteur basé à Paris).
  • Type d’impact : réduction des émissions et externalités liées au transport via des solutions technologiques et des modèles opérationnels plus sobres.

Weinberg Capital Partners

  • Stratégie : private equity (capital-développement) avec véhicules intégrant une thèse impact et un accompagnement de transformation.
  • Thèmes : social & environnement (selon fonds : santé, éducation, transition, etc.).
  • Géographie : France (principalement).
  • Type d’impact : accélération de la transformation durable des PME/ETI accompagnées (gouvernance, pratiques, trajectoires), en cohérence avec une thèse d’impact.

Yotta Capital Partners

  • Stratégie : private equity orienté industrie bas-carbone / “industrie du futur”, avec financement et accompagnement opérationnel.
  • Thèmes : industrie, technologies de décarbonation, performance environnementale des chaînes de valeur.
  • Géographie : France & Europe.
  • Type d’impact : réduction des émissions à l’échelle industrielle (efficacité, substitution, procédés), et accélération de solutions permettant un “impact évité” sur des secteurs émetteurs.

Conclusion

Cette liste montre qu’il n’existe pas un modèle unique de fonds à impact : l’impact peut se jouer via le produit/service (entreprises “solutions”), via le changement d’échelle (capital patient + accompagnement), ou via le financement d’infrastructures (transition énergétique/climat).

Pour comparer au mieux ces acteurs, le réflexe simple est de regarder (1) la thèse d’investissement, (2) les secteurs et la géographie, et (3) le type d’impact recherché.

 

FAQ – Investissement à impact

Qu’est-ce qu’un fonds impact ?

Un fonds à impact est un fonds qui investit avec un double objectif :

  1. générer un rendement financier, et
  2. produire un impact social et/ou environnemental positif, mesurable, qui fait partie intégrante de sa stratégie.

Concrètement, un fonds impact formalise une thèse d’impact (problème → solution → indicateurs), démontre sa contribution (additionnalité) et suit des KPI avec une trajectoire (objectifs, reporting).

 

Quelle différence entre investissement à impact et ESG ?

  • L’ESG est un cadre d’analyse : on évalue comment une entreprise gère ses enjeux Environnement, Social, Gouvernance (risques, opportunités, pratiques). L’objectif principal est souvent d’améliorer la qualité d’investissement et la gestion des risques.
  • L’Impact combine une intention, une contribution et une mesure : on investit pour obtenir un impact positif mesurable, et on démontre en quoi l’investisseur a contribué à une trajectoire meilleure/plus rapide.

 

Quels sont les principes de l’ESG ?

L’ESG repose sur l’idée que la performance d’une entreprise ne se résume pas aux chiffres financiers à court terme. Les principes clés sont :

  • Prendre en compte des facteurs extra-financiers qui peuvent, à terme, devenir financiers (coût de l’énergie, réglementation, réputation, risques sociaux, litiges…).
  • Évaluer la résilience : capacité à gérer des risques longs (climat, ressources, chaîne d’approvisionnement, talent, cybersécurité…).
  • Favoriser la transparence et la gouvernance : qualité du management, contrôle interne, éthique, gestion des controverses.

 

L’ESG rapporte-t-il des rendements plus élevés ?

Il n’y a pas de garantie que “l’ESG” surperforme automatiquement. En revanche, l’ESG peut améliorer le profil rendement/risque de plusieurs façons :

  • en réduisant certains risques (réglementaires, réputationnels, opérationnels),
  • en améliorant la résilience (énergie, supply chain, capital humain),
  • en identifiant des opportunités (marchés de transition, efficacité, nouveaux usages).

À court terme, la performance peut varier selon les cycles de marché. Mais sur un horizon long, une bonne gestion ESG peut contribuer à une entreprise plus robuste, ce qui est généralement favorable à la création de valeur.

 

Comment éviter « l’impact washing » ?

Quelques signaux simples :

  • le fonds décrit clairement sa thèse d’impact (pas seulement des mots “durable” ou “responsable”)
  • il publie des KPI avec baseline, objectifs, résultats et explication des hypothèses
  • il explique son additionnalité (ce qu’il change concrètement)
  • il suit aussi les impacts négatifs et ses plans de mitigation
  • il montre des cas concrets (pas seulement des engagements génériques)

 

Comment un fonds à impact gère-t-il l’impact à la sortie (exit) ?

La sortie est un moment critique : l’impact peut se maintenir ou se perdre. Les bonnes pratiques consistent à :

  • choisir un repreneur aligné (stratégie, gouvernance, vision),
  • intégrer des garde-fous quand c’est possible (gouvernance, mission, clauses, reporting),
  • s’assurer que les indicateurs clés restent suivis après la transaction,
  • documenter ce qui a été construit pendant la période de détention (plan d’impact, trajectoire, résultats).

L’idée : ne pas traiter l’impact comme un “projet” temporaire, mais comme une dimension durable du modèle.

 

Quelles sont les récentes avancées (2024–2026) en matière d’investissement à impact ?

Depuis 2024, trois évolutions rendent le marché plus lisible et poussent vers plus de crédibilité (sans remplacer l’analyse “fonds par fonds”) :

1) Des labels plus exigeants (ex : Label ISR en France)
Le Label ISR a été renforcé avec une montée en puissance des exigences environnementales, notamment sur le climat et certaines exclusions liées aux énergies fossiles. L’ISR devient globalement plus cadré et plus strict qu’avant sur certains points.

2) Un encadrement anti-greenwashing plus serré sur les noms et le marketing des fonds
Depuis fin 2024–2025, les autorités européennes ont durci les règles d’usage de termes comme “ESG”, “durable”, “sustainable”, “green” dans les noms de fonds. L’idée : éviter que le nom suggère une ambition “durable” non soutenue par la stratégie réelle. Ça réduit les abus marketing, mais ça ne remplace pas l’analyse de la thèse d’impact, de l’additionnalité et des KPI.