Question d’entretien en Private Equity : Pourquoi notre fonds d’investissement et pas un autre ?
C’est une question très classique en entretien en Private Equity comme en Venture Capital. Et ce n’est pas une simple formule de politesse. À travers cette question, le recruteur veut vérifier que votre candidature n’est pas interchangeable, que vous avez réellement compris le positionnement du fonds et que vous êtes capable d’expliquer pourquoi il correspond à votre projet.
Le piège, c’est que beaucoup de candidats pensent la même chose au fond. Ils veulent surtout rejoindre le milieu du Private Equity ou du VC, quel que soit le fonds. Parce que les places sont rares et qu’il faut déjà réussir à entrer dans l’industrie. Cette logique est compréhensible. Mais ce n’est évidemment pas ce qu’il faut montrer en entretien.
Pour bien répondre, il faut donc faire deux choses en même temps : montrer que vous avez fait des recherches sérieuses sur le fonds, et expliquer en quoi ses spécificités font sens avec votre parcours, vos centres d’intérêt et le type de fonds d’investissement que vous voulez rejoindre.

Que veut vraiment tester le recruteur avec cette question ?
Quand un fonds vous demande “Pourquoi notre fonds et pas un autre ?”, il ne cherche pas seulement à entendre que sa marque est reconnue ou que son portefeuille est impressionnant. Il veut surtout savoir si vous avez compris ce qui le différencie.
Cette question sert généralement à tester plusieurs choses.
D’abord, votre niveau de préparation. Un candidat sérieux doit être capable de citer des éléments précis sur le fonds : sa stratégie, sa taille, son positionnement, ses secteurs, ses investissements récents, ou encore sa manière d’accompagner les sociétés en portefeuille.
Ensuite, votre motivation réelle. L’idée n’est pas de vérifier si vous rêvez du nom du fonds depuis vos 18 ans, mais plutôt de voir si vous êtes capable d’expliquer pourquoi cet environnement-là vous attire davantage qu’un autre.
Le recruteur teste aussi votre capacité à différencier les acteurs de l’industrie. Tous les fonds n’investissent pas de la même façon. Certains sont très sectorisés, d’autres généralistes. Certains font du small cap, d’autres du large cap. Certains interviennent très tôt, d’autres plus tard dans la vie des entreprises. Un bon candidat doit comprendre ces différences.
Enfin, cette question permet d’évaluer la cohérence de votre projet professionnel. Votre réponse doit montrer que votre intérêt pour le fonds n’est pas artificiel, mais qu’il s’inscrit logiquement dans ce que vous avez déjà fait et dans ce que vous voulez apprendre.
Ce qui distingue vraiment un fonds d’investissement d’un autre
Pour répondre correctement à cette question, il faut d’abord savoir sur quels critères comparer les fonds. C’est là que beaucoup de candidats restent trop vagues.
Les premiers éléments à considérer sont la thèse d’investissement et le segment de marché. Un fonds ne regarde pas les mêmes entreprises selon qu’il investit dans des PME rentables, des sociétés en forte croissance, des situations complexes ou des start-up en phase d’amorçage. C’est souvent le point le plus structurant. Le quotidien, le type de dossiers, les process et même l’exposition opérationnelle peuvent beaucoup varier selon le segment.
Il faut aussi regarder le degré de spécialisation sectorielle. Certains fonds sont généralistes, d’autres très présents dans la santé, la tech, les services B2B, l’industrie ou l’énergie. Si vous avez déjà travaillé sur certains secteurs, ou si vous avez une appétence particulière pour eux, c’est un bon axe à mettre en avant.
Autre point important : le style d’investissement. Un fonds majoritaire n’a pas le même rôle qu’un fonds minoritaire. Un fonds très impliqué opérationnellement n’a pas la même culture qu’un fonds plus financier. Certains sont très entrepreneurs-friendly, d’autres très focalisés sur la discipline d’exécution.
Enfin, il y a aussi la culture d’équipe, la réputation du fonds sur le marché, son historique, la stabilité de ses associés ou encore la manière dont les juniors sont exposés aux dossiers.
C’est précisément cet ensemble d’éléments qui doit nourrir votre réponse. Pas seulement le prestige du nom.
Comment construire votre réponse à la question “Pourquoi notre fonds ?”
Une bonne réponse est généralement simple dans sa structure. Elle repose sur trois idées.
D’abord, vous expliquez ce qui vous attire objectivement dans le fonds. Par exemple : sa stratégie, son segment, sa thèse sectorielle, son portefeuille, son rythme d’investissement, ou encore la manière dont il accompagne les participations.
Ensuite, vous créez le lien avec votre propre parcours. C’est là que vous montrez que votre intérêt n’est pas générique. Peut-être que vous avez déjà travaillé sur un secteur que le fonds connaît bien. Ou vous êtes particulièrement attiré par les environnements entrepreneuriaux, les stratégies à impact, etc.
Enfin, vous montrez pourquoi ce fonds vous semble plus cohérent que d’autres. Il ne s’agit pas de critiquer les concurrents, mais de faire comprendre que vous avez identifié un environnement qui vous correspond mieux.
Une bonne réponse ne doit donc pas être une liste d’informations apprises par cœur. Elle doit ressembler à un raisonnement.
Autres éléments à mettre en avant dans votre réponse
Le portefeuille et les investissements récents
Beaucoup de candidats disent avoir “regardé le portefeuille”, mais très peu savent en tirer quelque chose d’intéressant. L’objectif n’est pas de réciter trois noms de sociétés. Ce qui compte, c’est de comprendre ce que ces participations racontent sur le fonds : sa manière d’investir, sa spécialisation, ses convictions, ou son style de création de valeur.
La notoriété et les performances du fonds
Mentionnez des éléments objectifs comme :
- La présence du fonds dans les classements français ou européens.
- Le volume d’actifs sous gestion.
- Le nombre d’opérations réalisées chaque année.
Ces données montrent que vous avez cherché à comprendre la dynamique du fonds, la profondeur de son deal flow et la renommée de ses équipes.
Les projets récents du fonds
Lancement d’un nouveau véhicule, levée récente, développement international, renforcement d’une équipe, investissement particulièrement visible… Tous ces éléments montrent que vous vous êtes intéressé à l’actualité du fonds et pas seulement à sa fiche de présentation.
Les échanges avec l’équipe
Si vous avez eu l’occasion d’échanger avec un membre de l’équipe lors d’un événement, d’un call ou d’un networking, cela peut être très utile. Mais il ne suffit pas de dire que vous avez parlé à quelqu’un sur LinkedIn. Ce qui a de la valeur, c’est ce que cet échange vous a appris : la culture du fonds, le niveau de responsabilité des juniors, la façon dont les décisions d’investissement sont prises, ou la relation avec les dirigeants.
Ce qu’il ne faut surtout pas répondre
Beaucoup de réponses tombent à côté non pas parce qu’elles sont fausses, mais parce qu’elles sont trop génériques. Dire que le fonds a “une très belle réputation” ne suffit pas. C’est vrai pour beaucoup d’acteurs, et cela ne dit rien de votre compréhension.
Dire que vous voulez rejoindre “l’un des meilleurs fonds du marché” est également trop plat si vous n’expliquez pas ce que cela signifie concrètement pour vous.
Il faut aussi éviter les réponses interchangeables, celles qu’on pourrait prononcer mot pour mot chez cinq fonds différents. C’est précisément ce que le recruteur cherche à éviter.
Enfin, une mauvaise réponse est souvent une réponse qui ne parle que du fonds, sans jamais parler de vous. Or l’enjeu, c’est justement de montrer la rencontre entre un fonds et un candidat.
Comment se préparer concrètement avant l’entretien
Pour préparer cette question, il faut faire un vrai travail de recherche en amont. Commencez par regarder la stratégie d’investissement du fonds : type d’entreprises ciblées, taille des tickets, géographie, secteurs, horizon de détention, typologie des opérations.
Regardez ensuite les sociétés en portefeuille et essayez d’identifier leurs points communs. Cela vous aidera à comprendre le style d’investissement du fonds et à éviter une réponse trop superficielle.
Intéressez-vous aussi aux derniers deals, aux opérations annoncées récemment et aux éventuels nouveaux véhicules. Ce sont souvent des indices très utiles sur les priorités du moment.
Enfin, essayez de comprendre la place du fonds dans son marché : est-il très spécialisé ? très institutionnalisé ? très entrepreneurial ? en forte croissance ? reconnu sur un segment précis ?
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Une fois ce travail fait, demandez-vous simplement : qu’est-ce qui, dans tout cela, me parle réellement ? C’est souvent à cet endroit que naissent les meilleures réponses.
Exemple de bonne réponse en entretien
Voici un exemple de réponse simple et crédible dans un contexte Private Equity :
Ce qui m’intéresse chez vous, c’est d’abord votre positionnement small cap, parce que j’ai le sentiment que c’est sur ce segment qu’on apprend le plus vite. Les équipes sont plus resserrées, les juniors sont souvent davantage exposés, et on est plus proche des dirigeants et des réalités opérationnelles des participations. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai retrouvé dans les échanges que j’ai eus avec un ancien stagiaire de votre équipe, qui m’expliquait qu’il avait été impliqué assez tôt dans les analyses, les travaux de marché et certains échanges liés aux dossiers. C’est un point qui compte beaucoup pour moi, parce que je recherche justement un environnement exigeant mais formateur, où l’on ne reste pas uniquement en support.
Ensuite, en regardant votre portefeuille, j’ai remarqué qu’une part significative de vos participations était exposée au secteur du tourisme et de l’hôtellerie. C’est un secteur qui m’intéresse particulièrement, à la fois pour des raisons personnelles et académiques. J’ai notamment consacré mon mémoire de recherche à des problématiques liées à ce secteur, ce qui m’a amené à travailler sur ses dynamiques de croissance, sa sensibilité à l’environnement économique et les enjeux de différenciation entre acteurs. Le fait de retrouver cette exposition dans votre stratégie d’investissement a immédiatement retenu mon attention.
Conclusion
La question “Pourquoi notre fonds et pas un autre ?” est loin d’être anodine. Elle permet au recruteur de voir si vous avez réellement travaillé votre candidature, si vous comprenez les différences entre les acteurs du marché et si vous savez construire un discours cohérent entre votre parcours et le positionnement du fonds.
Une bonne réponse n’a pas besoin d’être longue ni artificielle. Elle doit surtout être précise, personnalisée et crédible. En entretien, ce qui fait la différence n’est pas de réciter des informations sur le fonds, mais de montrer que vous avez compris ce qui le rend spécifique et pourquoi cela fait sens pour vous.
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